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5.0 out of 5 stars
DANS LE SAINT DES SAINTS,
By PVP "Markala" (Nice, France) - See all my reviews
This review is from: Pergolesi: Stabat Mater; Violin Concerto; Salve Regina In C Minor (Audio CD)
Cette splendide production méritait bien, une fois n'est pas coutume, de rapporter ici la totalité du texte d'accompagnement.Les dernières aeuvres d'un artiste sont presque toujours nimbées d'une aura spécifique, à laquelle vient s'ajouter, dans le cas de Giovanni Battista Pergolesi (ou Jean-Baptiste Pergolèse), une abondante légende. Sa mort prématurée, à vingt-six ans, confère au personnage le charisme d'un élu des dieux, météore d'autant plus fugitif que sa vie est fort mal documentée. De son vrai nom Giovanni Battista Draghi, il naquit à Jesi le 4 janvier 1710. Que l'enfant ait été confirmé dès le mois de mai 1711 indique sans doute qu'il souffrait d'une santé fragile ; trois frères et saeurs moururent en bas âge. Il adopta plus tard le pseudonyme Pergolesi, d'après le village de ses aïeux. Pergola. Pergolesi prit ses premières leçons de musique à Jesi et fit apparemment preuve de dons remarquables, puisque de nobles mécènes lui arrangèrent une place d'élève au Conservatorio dei Poveri di Gesù Cristo à Naples, alors capitale musicale de l'Italie. La date exacte de son entrée au conservatoire n'est pas connue - quelque part entre 1720 et 1724 ; son nom n'apparaît qu'en 1725 au registre de rétablissement, tandis que les archives de 1729 nous apprennent qu'il était « capoparanza », premier violon dans ('orchestre du conservatoire. Il étudia, entre autres, le violon et la composition auprès de Leonardo Vinci et Francesco Durante. Sa première aeuvre, un drame musical sacré, date de 1731 et correspond sans doute à la fin de ses études. Quoi qu'il en soit, dès sa sortie du conservatoire, Pergolesi obtint des commandes de composition et les portes des maisons influentes ainsi que des grands théâtres romains et napolitains s'ouvrirent à lui. Il aborda tous les genres musicaux avec le même succès - opéra séria, commedia musicale, intermède, musique religieuse et instrumentale - mais sa carrière de compositeur ne dura que cinq ans. Il mourut le 16 mars 1736 au couvent franciscain de Pozzuoli, une station balnéaire très prisée des environs de Naples où il avait apparemment plusieurs fois cherché remède à ses douleurs. Pergolesi composa le Stabat Mater dans les derniers mois de sa vie pour répondre à une commande des Cavalieri délia Vergine dei dolori, une confrérie de gentilshommes napolitains. Sa composition devait remplacer celle qu'Alessando Scarlatti avait écrite pour la confrérie onze ans plus tôt. Le poème Stabat Mater, un des plus connus de la séquence liturgique, date vraisemblablement du XIIe siècle. Son auteur présumé est Jacopone da Todi, un frère de l'ordre des Franciscains. Dès le XIVe siècle, le Stabat Mater apparaît ponctuellement dans la liturgie, mais c'est en 1727, sous le pape Benoît XIII, qu'il entre au bréviaire de l'Église et intègre définitivement la liturgie catholique. Il est récité ou chanté pour la fête de « Notre-Dame des douleurs » et le vendredi qui suit le premier Jour de la Passion. La liste des compositions sur le Stabat Mater est longue, depuis le XVe siècle (Josquin Desprez) jusqu'à l'ère moderne (Francis Poulenc ou Krzysztof Penderecki), mais le Stabat Mater de Pergolesi mérite à plus d'un titre d'être distingué. Si dans certains passages comme le « Fac, ut ardeat cor meum » ou I' « Amen » conclusif Pergolesi utilise encore les formes traditionnelles du style contrapuntique, il se montre ailleurs puissamment novateur en empruntant ses moyens d'expression à l'opéra. Parallèlement, il se distancie du langage baroque et de ses affects pour mettre l'accent sur la simplicité et la transparence, cette simplicité voulue des moyens musicaux servant - pour la première fois dans l'histoire de la musique sacrée - à exprimer un sentiment religieux profondément individuel. Ainsi, l'oreille est frappée dès les premières mesures du « Stabat mater dolorosa » par les douloureux frottements de secondes, tandis qu'un autre sommet est atteint dans le duo « Sancta mater », où la ferveur religieuse s'exprime avec un pathos tout droit venu de l'opéra. Ces innovations valurent à Pergolesi autant de louanges que de critiques : le Padre Gianbattista Martini, théoricien de la musique très influent, reprocha au Stabat Mater son caractère théâtral et profane. Ses admirateurs, en revanche, voyaient en lui l'idéal d'une nouvelle musique sacrée pleine de sensibilité - et, en effet, l'intensité de son invention mélodique préfigure les compositeurs du style classique. Au plus tard en 1752, date à laquelle une troupe italienne présenta l'intermède La serva padrona à I' Académie royale de Paris, Pergolesi devint un compositeur à la mode. Dans la « querelle des Bouffons » qui opposait les partisans de la tragédie lyrique française traditionnelle a ceux du nouvel opéra comique italien, les progressistes (menés par Rousseau) en firent leur champion. Son nom devint synonyme de modernisme musical et le nombre d'aeuvres faussement attribuées à Pergolesi dépassa bientôt celui de ses compositions authentiques. Dans le cas du Concerto pour violon en s/bémol majeur, la paternité de Pergolesi est assurée ; cette aeuvre présente d'ailleurs dans chacun de ses trois mouvements des traits originaux. L'orchestre, par exemple, dépasse la fonction d'accompagnateur : dans le premier mouvement, il ne se contente pas d'introduire les épisodes brillants du soliste ; dans le mouvement lent sur un rythme de sicilienne, il introduit le matériau mélodique développé ensuite par le violon ; et dans le finale, la verdeur de ses rythmes pointés, autour desquels le soliste brode avec virtuosité, donne au mouvement un profil caractéristique. De toutes les compositions du Salve Regina attribuées à Pergolesi, quatre sont certainement de sa main. Sont présentées ici la plus connue, celle pour soprano en do mineur (il en existe une version pour contralto en fa mineur) qui compte aussi parmi les dernières aeuvres du compositeur puisqu'elle date de 1735. Le premier mouvement « Salve Regina » s'apparente au Stabat Mater. Un rythme haletant à la basse souligne le caractère pathétique tandis que l'accompagnement orchestral animé du « Ad te clamamus » accentue encore l'émotion. D'un bout à l'autre, l'unité de l'expression est remarquable, entre tristesse élégiaque et gravité farouche, et touche exactement le message du texte - jusqu'à la fin murmurée, où la musique s'éteint pour trouver l'ultime repos. © Werner Pfister |
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Pergolesi: Stabat Mater; Violin Concerto; Salve Regina In C Minor by Giovanni Pergolesi (Audio CD - 2009)
$41.00
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